De plus en plus de jeunes se retirent de la société, recherchant parfois un isolement et un confinement extrêmes. Le terme décrivant ces formes de retrait social sévère, hikikomori, est apparu pour la première fois au Japon, mais on le retrouve dans toutes les cultures, le plus souvent dans les régions urbaines et les pays à revenus élevés. Les hikikomori s’isolent pendant six mois au moins, passent la plupart de leur temps chez eux et ne participent pas à la vie de la société. Ils peuvent rester reclus pendant des années (10 ans en moyenne). D’après le cabinet du gouvernement japonais, environ 2 % des Japonais âgés de 15 à 39 ans étaient des hikikomori en 2016, leur nombre total, tous âges confondus, étant de 1.5 million de personnes en 2023. Les hommes sont les plus susceptibles de devenir des hikikomori puisqu’ils représentent 60 % de la population de ces derniers. L’isolement de la société coïncide souvent avec un problème de santé mentale. De plus, les perspectives professionnelles des jeunes hikikomori sont faibles. À titre d’exemple, le cabinet gouvernemental a estimé que près d’un quart des personnes qui sont sans emploi et sorties du système éducatif sont des hikikomori. Demander de l’aide relève d’un véritable défi pour eux sachant qu’en moyenne, il faut plus de quatre ans aux hikikomori pour accéder à l’aide dont ils ont besoin. Pour venir en aide aux hikikomori, le gouvernement japonais a instauré de nombreuses politiques différentes, dont les centres communautaires de soutien aux hikikomori, qui prodiguent des conseils et peuvent orienter les jeunes et leurs parents vers des prestataires spécialisés (des services de santé mentale par exemple). Autre intervention efficace : l’intervention de 5 jours pour les hikikomori, un essai pilote qui s’est déroulé de novembre 2017 à juin 2018 à l’hôpital universitaire de Kyushu, dans le but de fournir aux familles, et principalement aux parents, des hikikomori les outils nécessaires pour pouvoir soutenir les membres de leur famille en souffrance. Un deuxième programme destiné aux parents a été mis en place entre 2019 et 2021, mais n’a pu arriver à son terme en raison de la pandémie de COVID-19.
Intervention de 5 jours pour les hikikomori – Japon

Abstract
Description
Copier le lien de DescriptionL’intervention de 5 jours pour les hikikomori consistait en cinq séances hebdomadaires de deux heures chacune, conçues pour aider les parents à soutenir leurs enfants hikikomori. Cette intervention incluait également un suivi mensuel allant jusqu’à 6 mois après la fin du programme, permettant de déterminer si les parents étaient devenus plus aptes à apporter un soutien et d’évaluer toute amélioration de la situation des hikikomori. Ce programme de 5 jours s’appuyait sur les programmes Premiers soins en santé mentale (Mental Health First Aid, MHFA) et Renforcement communautaire et Formation familiale (Community Reinforcement and Family Training, CRAFT), qui avaient été adaptés aux cas des hikikomori. Il comprenait des conférences, des activités de groupe telles que des jeux de rôle et des devoirs. La formation incluait des compétences du programme MHFA pour traiter la dépression et le comportement suicidaire chez les hikikomori, ainsi que des méthodes de communication positive tirées du programme CRAFT.
Résultats
Copier le lien de RésultatsDans le cadre d’un essai aléatoire, il s’est avéré que le programme permettait d’améliorer les compétences perçues des participants (à savoir, des parents) dans la prise en charge des hikikomori présentant des symptômes dépressifs et de réduire la stigmatisation à l’égard des problèmes de santé mentale. Une réduction de la stigmatisation par les parents permet souvent d’améliorer le comportement des hikikomori en ce sens où, ayant moins peur d’être jugés, ils cherchent plus facilement à être aidés. Par ailleurs, les hikikomori ont montré une légère diminution de leurs comportements obsessionnels compulsifs et une légère augmentation de leur activité physique. L’évaluation a suggéré que les initiatives futures pourraient adopter des intervalles plus longs entre les séances (des rencontres bihebdomadaires par exemple) de façon à laisser davantage de temps aux participants pour mettre en pratique les diverses compétences nouvellement acquises au sein de leur foyer. De plus, un accent plus marqué sur les informations essentielles permettrait aux parents de mieux saisir toutes les complexités des programmes MHFA et CRAFT.
Cette pratique appuie également la mise en œuvre de la disposition IV.5 de la Recommandation de l’OCDE sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes (OCDE, 2022[1]).
Lectures complémentaires
[4] Hamasaki, Y. et al. (2020), “Identifying Social Withdrawal (Hikikomori) Factors in Adolescents : Understanding the Hikikomori Spectrum”, Child Psychiatry & Human Development, Vol. 52/5, pp. 808-817, https://doi.org/10.1007/s10578-020-01064-8.
[2] Kubo, H. et al. (2020), “Development of 5-day hikikomori intervention program for family members : A single-arm pilot trial”, Heliyon, Vol. 6/1, p. e03011, https://doi.org/10.1016/j.heliyon.2019.e03011.
[3] OCDE (2024), OECD Economic Surveys : Japan 2024, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/41e807f9-en.
[1] OCDE (2022), Recommandation du Conseil sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes, https://legalinstruments.oecd.org/fr/instruments/OECD-LEGAL-0474.
[5] Tajan, N., H. Yukiko and N. Pionnié-Dax (2017), “Hikikomori: The Japanese Cabinet Office’s 2016 Survey of Acute Social Withdrawal”, The Asia-Pacific Journal, Vol. 15/5, https://apjjf.org/2017/05/Tajan.html.
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