Quatre-vingt-quatre pour cent des pays Membres de l’OCDE et 67 % des pays adhérents aux Principes directeurs EMN, ainsi qu’un certain nombre de pays non adhérents, ont adopté une réglementation sur le devoir de diligence. On peut notamment mentionner à cet égard des législations relatives à la publication d’informations en matière de durabilité ou l’exercice du devoir de diligence raisonnable, ainsi que des mesures portant sur les produits ou les marchés. Bien que nombre de ces mesures partagent des caractéristiques et des objectifs fondamentaux similaires, les entreprises signalent des difficultés de mise en œuvre imputables à un manque d’harmonisation quant à leur portée, leur conception et leur terminologie. Les pays Membres de l’OCDE ayant instauré des obligations de diligence représentent approximativement 55 % du PIB mondial.
Les pouvoirs publics intègrent la CRE dans les accords commerciaux et d’investissement. Depuis 2020, 67 des 186 accords commerciaux et d’investissement (36 %) signés par des pays adhérant aux Principes directeurs EMN comportent une clause sur la CRE. Sur ces 67 accords, 73 % ont été signés avec des pays n’ayant pas adhéré aux Principes directeurs EMN. Toutefois, on dispose encore de peu d’éléments permettant d’évaluer la mise en œuvre et l’impact de ces dispositions.
Les pouvoirs publics participent également à la promotion de la CRE en tant qu’acteurs économiques, y compris dans le cadre de leurs opérations commerciales. Trente-deux pays ayant adhéré aux Principes directeurs EMN déclarent que leurs cadres de passation de marchés publics prennent en compte la CRE. En 2024, plus de 8 000 milliards USD de dépenses liées aux marchés publics, représentant environ 80 % du total des dépenses dans les pays adhérents, ont été engagées dans des pays où des obligations de diligence raisonnable s’appliquent explicitement ou implicitement aux entités publiques.
Les grandes entreprises publiques cotées affichent généralement un taux d’adoption des pratiques de diligence raisonnable supérieur à celui des entreprises privées présentes dans la même région, bien que les grandes entreprises publiques cotées soient principalement concentrées dans des régions où cette adoption est en général plus faible (Chine, Moyen-Orient et Afrique). Trente-six pays ayant adhéré aux Principes directeurs EMN ont défini et publié des attentes enjoignant leurs entreprises publiques à se conformer aux principes et normes en matière de CRE.
Vingt-neuf des 52 pays adhérents aux Principes directeurs EMN indiquent avoir recours à des incitations pour promouvoir la mise en œuvre des normes en matière de CRE par les entreprises. Ces incitations peuvent être très diverses et prévoir notamment un accès préférentiel à des subventions, des prêts ou d’autres formes de soutien financier lié aux performances en matière de CRE, des crédits d’impôt et divers avantages fiscaux, des incitations associées à la délivrance de permis, d’autorisations ou à l’immatriculation des entreprises, des services de facilitation des échanges et des investissements, ainsi que l’attribution de labels ou de marques reconnus par les pouvoirs publics.
Les pouvoirs publics prennent des mesures pour faciliter l’accès aux voies de recours judiciaires en cas de préjudice résultant d’une faute commise par une entreprise. Tous les pays qui adhèrent aux Principes directeurs EMN prévoient des mécanismes de réclamation officiels en matière de CRE. Trente-six pays indiquent avoir pris au moins une mesure afin de lever les obstacles à l’accès aux voies de recours judiciaires. Environ la moitié des législations relatives au devoir de diligence adoptées dans les pays adhérents prévoient des obligations, directes ou indirectes, d’accorder réparation ou de mettre en place des mécanismes de réclamation. Cet aspect est d’autant plus important que le taux d’adoption déclaré des pratiques de diligence raisonnable concernant les mesures de réparation reste faible.